Le questionnaire Antitube – Mélanie Carrier

Le questionnaire Antitube – Mélanie Carrier

Biologiste de formation, Mélanie Carrier découvre la vidéo au fil de nombreux voyages à travers le monde. En 2006, elle réalise avec Olivier Huggins Asiemut, relatant leur traversée à vélo de la Mongolie et l’Inde. Leur film Québékoisie, questionnant la relation complexe entre les Québécois et les Premières Nations, remporte un grand succès et se voit décerner le prix de l’œuvre de l’année remis par le Conseil des arts et des lettres du Québec. Toujours en compagnie d’Olivier Higgins, elle termine présentement un documentaire traitant de la crise des réfugiés rohingyas au Bangladesh, en plus d’entamer le tournage aux quatre coins du monde d’un projet portant sur les questions de transmissions et d’éducation.

Ton premier souvenir de cinéma?

La toute première fois que je suis allée au cinéma, c’est avec mon oncle Réjean, que j’adore. Il nous avait amenées, ma sœur et moi, voir « Santa Claus: The Movie »… Je m’en souviens encore! Je devais avoir 6 ans, j’avais été happée par la puissance du cinéma. Et j’ai dû revoir ce film une dizaine de fois par la suite (toute petite, on s’entend)!

Une actrice ou un acteur avec qui tu aimerais travailler?

Comme je réalise essentiellement du cinéma documentaire et que je suis une grande amoureuse de ce genre cinématographique, je vous dirais que je brûlerais d’envie de travailler avec les cinéastes Raymond Depardon, Nicolas Philibert et Agnès Varda (qui vient malheureusement de nous quitter…). Leur approche humaniste, la façon qu’ils ont de traiter le réel, de « prendre soin des autres » et de soi, par l’image, comme le disait Agnès Varda, m’émeut, littéralement. Leurs œuvres respectives sont fondamentales et importantes pour notre humanité, à mon avis.

Être et avoir (Nicolas Philibert, 2002)

Un classique du cinéma que tu aimerais refaire?

Le documentaire Être et avoir de Nicolas Philibert (2002) est pour moi un immense classique. C’est un film qui à mes yeux incarne la beauté, ni plus ni moins. Il démontre aussi une démarche de réalisation imprégnée de respect et d’humanité. Nous avons un projet similaire actuellement, mon amoureux et moi, qui aborde aussi les questions d’éducation et de transmission. Nous n’avons bien sûr pas la prétention ni l’intention de refaire ce film, mais il nous a certainement inspirés pour notre projet Ce que le monde porte en soi. Finalement, j’aimerais bien refaire les « Profils Paysan » de Raymond Depardon (2001 à 2008), mais ici, au Québec!

Nomme :

a. Un documentaire

Citizenfour, de Laura Poitras (2014), qui traite des révélations d’Edward Snowden sur le scandale d’espionnage mondial de la NSA, aux États-Unis. J’ai trouvé ce film brillant. Important. Réalisé par une femme qui a pris de grands risques pour mettre en images, de façon remarquable, une histoire qui a bouleversé la suite du monde. Ce film est clairement pour moi un incontournable.

Pour la suite du monde (Pierre Perrault et Michel Brault, 1963)

b. Un film québécois

Il est souvent cité, mais je le nomme tout de même : Pour la suite du monde, de Michel Brault et Pierre Perreault (1963), qui traite de la vie des habitants de l’île aux Coudres. Il y a quelque chose dans ce film qui touche à l’immortel, à la transcendance. Je pourrais l’écouter des dizaines et des dizaines de fois, sans me lasser! Plus récemment, le film Manoir, de Martin Fournier et Pier-Luc Latulippe (2016), m’a aussi bouleversée. Une proximité avec les protagonistes résultant de près de 7 ans de tournage, des cadrages réfléchis, des plans évocateurs et surtout une plongée dans un monde, un entre-deux, qui nous fait réfléchir à la société québécoise d’aujourd’hui. Tout simplement brillant. J’aime aussi beaucoup la démarche et les films de Catherine Hébert (Carnets d’un grand détour, De l’autre côté du pays), de Sophie Deraspe (Rechercher Victor Pellerin, Le Profil Amina) et de Myriam Verreault (À l’Ouest de Pluton, Kuessipan), de grandes dames de cinéma!

c. Un film que tu veux voir ou revoir sur grand écran

Le documentaire N – the madness of reason de Peter Krüger. Mon amoureux a pu le voir en 2015 au Festival international du documentaire en Cévennes. À son retour, il n’arrêtait pas de m’en parler! J’ai cherché à le voir pendant près de deux ans, sans le trouver. Un film qui pourtant avait eu sa première à Berlin et de superbes critiques. Symptomatique de l’immense carence de nos réseaux de distribution… J’avais lâché prise, mais en répondant à votre questionnaire, j’ai constaté qu’il était désormais en ligne! J’aurais bien aimé le voir sur grand écran…

d. Un film que tu aimerais faire découvrir au public

Le film Kuessipan, de Myriam Verreault. Je connais bien Myriam (elle a monté notre film Québékoisie), je connais sa démarche d’écriture, en collaboration avec l’écrivaine innue Naomi Fontaine, tout comme son approche de réalisation. Un film qui a été tourné dans la communauté innue de Uashat mak Mani-Utenam sur la Côte-Nord. Je pense qu’il s’agit d’un film important pour le Québec.

Kuessipan (Myriam Verreault, 2019)

e. Un plaisir coupable

Il ne s’agit pas réellement d’un plaisir coupable, mais spontanément, je dirais Le Dîner de cons de Francis Veber (1998). Jacques Villeret est incroyable dans ce film. Je ris toujours autant, à chaque fois que je le revois !

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